Date de la sortie : 12/11/11 – Font d’Urle (Vercors, Drôme)
Participants : Bébert (MAPS), Pierrot + Michel + Elena (APARS), Cécile P. + Cyrille (SGCAF), Gilles et Pierre
Temps Passé Sous Terre : 10h00
Type de la sortie : Classique
Rédacteur : Cyrille

Levés de bonne heure, on petit déjeune en écoutant les dernières consignes de François. Puis c’est le départ vers Fond d’Urle. Une très belle marche d’approche peu pentue nous donne l’occasion d’admirer le Vercors sous un angle nouveau. Le soleil est encore là. Lui, le pont du 11 novembre il s’en fout. Il a décidé de bosser comme en juillet et on l’en remercie. Après 40mn de balade, on se pose à proximité du trou pour le casse-croute. Au passage, on a repéré d’énormes dolines, bien alignées. Le réseau étant apparemment très grand, on se dit que… héhéhé, ca doit être du très lourd en dessous !! Quelques sandwichs et un café plus tard, nous voilà au bord du trou.

Si vous voulez visualiser un peu mieux l’endroit, je vous invite à revoir les photos faites par Baudouin il y a quelques temps. Autrement, voici ce que ça donne : Un premier puits (P17) nous conduit directement dans une vaaaaaaaaaaaste salle ébouleuse que l’on descend. Sur la droite, une trémie nous appelle. Elle a été soigneusement consolidée et grillagée au sol : du très beau travail. On rejoint un P15, puis c’est le début du P90 (avec un premier jet de 17 mètres). La cavité est déjà équipée, mais François nous a conseillé d’équiper en double à partir de cet endroit là et jusqu’en bas. L’équipement en place est parfait, ultra confort et sécure. Le dernier jet du puits est fantastique, 35 ou 40 mètres à peu près, loin des parois. On atterrit dans une salle immense, jonchée de sapins d’argile. Cécile, une fois arrivée en bas, nous met un grand coup de phare vers le dernier fractio, alors que les 2 derniers de l’équipe descendent. C’est très impressionnant. Un nouveau coup de phare vers le sol nous permet d’admirer la végétation argileuse…

L’objectif est d’aller voir le collecteur, via la Galerie des Beaux-parents, non loin du point de jonction avec la Grande Galerie. On commence notre cheminement pour arriver au Gour du Taureau, gour temporairement rempli, mais qui est en ce jour plein d’eau bleu turquoise. La concrétion est magnifique, la ressemblance bovine frappante. Mais la déception est en même temps immense : François nous avait parlé d’un canot à demeure, permettant de traverser le gour (long et profond). Le canot est aux abonnés absents…on cherche, on cherche, mais la fin de la sortie devient une cruelle évidence au fil des minutes. Une corde en plafond permet de monter au dessus du taureau…Pierrot et Cécile vont jeter un œil et reviennent en nous parlant d’une escalade, d’un grand puits…d’après eux, ca sent l’explo en cours… mais toujours pas de canot. La mort dans l’âme, on décide d’abréger nos souffrances. Direction le Paléo-Siphon, pour une petite visite qui probablement s’arrêtera vite et nous ramènera vers la Salle des sapins d’argile. Notre nouvel objectif est quand même sympa et on se dit que finalement on a de la chance d’être là. Quand soudain, au bout d’environ 15 minutes de marche on aperçoit…le canot !! Il est beau, il est gros, il est tout jaune !!! Avec un gonfleur dedans !! Et la corde qui va bien !!!! Mais qu’est-ce qu’il fout là ??? Réponse sans intérêt. Hahahahaha !!! On va l’avoir notre collecteur !!! Demi tour tout le monde, retour au pas de charge vers le Gour du Taureau avec tout le matos. Quelques coups de gonfleur plus tard, tout le monde est de l’autre côté.

La cavité est richement concrétionnée : Gours, cristaux, fistuleuses, draperies, dents de cochons…rien ne manque au spectacle. Beaucoup d’endroits ont été protégés par des cordelettes, afin de garder vierges et propres ces miracles de la nature. On chemine donc souvent entre 2 fils et on regarde sans toucher, sans salir, sans risquer de détruire. Là encore, c’est un très gros et beau travail de préservation qui a été effectué.

On poursuit sans trop de difficultés et on atteint rapidement une galerie basse où l’on rampe sur un sol sableux très confortable. Puis on arrive à l’Etroiture de la Coulée, passage décrit par François comme assez sélectif : c’est un laminoir relativement large mais qui ne fait que 23 centimètres de haut. On s’y engage tour à tour, ca passe avec plus ou moins de facilité suivant les gabarits et la quincaillerie enlevée. Mais Michel se blesse une côte en franchissant la bestiole et on improvise donc un conseil de guerre. Michel pense qu’il est plus sage pour lui de ne pas aller plus loin, c’est vraiment pas de bol. Bébert se propose pour remonter avec lui, nous poursuivons l’aventure à 6.

La suite de la balade nous maintient dans le Magnifique. Les concrétions sont nombreuses, variées, parfois inattendues. Et toujours ces fils de protection qui nous permettent de contempler un décor intact, en plus de nous faciliter le cheminement. Puis c’est l’arrivée au dessus de Grande Galerie, que l’on rejoint via un P11. Le collecteur n’est pas loin…ou plus exactement, c’est ce que l’on se dit en suivant le bruit de l’eau et en partant sur la gauche. Il aurait malheureusement fallut tourner sur la droite…mais ça, nous ne le saurons qu’après. On se dirige donc vers le bas de la salle et on rejoint un siphon assez large et très profond (le S3).

Après une petite pause reconstituante, c’est le retour vers la sortie. Passée dans l’autre sens, l’Etroiture de la Coulée se négociera plutôt bien. On pense souvent à Michel et Bébert et on tente d’évaluer s’ils sont déjà dehors, si tout s’est bien passé. Arrivés à la Salle des sapins d’argile, on remonte tranquillement par groupes de 2. Au bas du puits d’entrée, un courant d’air aspirant glacial nous invite à accélérer le mouvement…

Sortie du trou à minuit et retour au parking un peu avant 1 heure du matin, sous un ciel sans nuage et sous la bienveillante lumière de Saturne et de la pleine lune. Le sol est par contre gelé. Michel et Bébert ont trouvé le temps un peu long dans la voiture, mais tout va bien et nous sommes donc rassurés.

Retour au Séchoir à Noix pour un nouveau repas pantagruélique et le récit de notre aventure avec François.

Exceptionnelle sortie que ce Scialet des Chuats, une sortie rare. Toute l’équipe de ce weekend spéléo se quitte le dimanche, après un lavage de matos en règle et un dernier grignotage pris tous ensemble.

Pour finir : Un énorme merci à François et Régine pour leur hospitalité, leur gentillesse durant tout ce weekend.
Ami lecteur si tu passes dans le coin, pas d’hésitation : direction le Séchoir à Noix, le gîte qui te ferra oublier le camping…