Date de la sortie : 26/11/11 – St Marcel d’Ardèche (Ardèche)
Participants : Mathilde H. (SGCAF), Jean-Christophe + Marcel
Temps Passé Sous Terre : 6h00
Type de la sortie : Classique, initiation familiale, photographie
Rédacteur : Mathilde H.

Ce week-end là, je l’avais prévu depuis longtemps. Mon père Marcel n’ayant jamais été sous terre, je lui organise secrètement un baptême dans la grotte du saint homonyme, « Saint Marcel » en Ardèche  pour ses 60 ans.

Grâce à Baudouin, j’ai pu potasser le livre (absolument magnifique d’ailleurs) sur la grotte de Saint-Marcel et ainsi connaitre une bonne partie de l’historique et très bien la topo.

Pour compléter la bonne organisation et faire un week-end parfait de toute part, nous logeons dans un gite absolument superbe : le clos des lavanches, à 1.5km de Saint-Remèze. C’est une maison neuve pour 5/6 personnes (on peut rentrer à bien plus tant c’est spacieux), avec terrasse couverte, jardin etc… Je vous le recommande ! Du genre de gite où tu te demandes pourquoi tu vas sortir… et encore plus, pourquoi aller sous terre !

Gérard qui détient les clefs de la grotte m’a prévenu qu’il y a un exercice secours dans le réseau Solvay (tout au bout du réseau 1, prêt des siphons). J’ai un peu peur de rencontrer une centaine de personnes et de ne pas rendre l’atmosphère du spéléo : « perdu au bout de nulle part », « au fond du gouffre », ou bien « enfin tranquille », chacun y trouvera son compte. Mais au parking du haut, près de l’entrée touristique, je vois seulement quelques spéléos. Il n’est pas 10h encore, heure du départ de l’exercice secours, c’est sans doute pour ça.

J’équipe le petit monde : ie Jean-Christophe, mon père et moi-même. Consciencieusement, j’emmène une corde pour assurer mon père au passage de l’échelle et deux baudriers (pour l’assuré et éventuellement pour l’assureur), une quantité de quincaillerie absolument inutile mais pour parer à toute éventualité. (On se demande d’ailleurs lesquelles … !).
Après avoir descendu les lacets de la piste, nous voilà arrivés devant l’entrée.

Pffff… je savais qu’il faisait chaud dans cette grotte mais j’avais oublié à quel point ! Petit collant et tee-shirt suffisent sous la combi… Il vaut mieux ne pas avoir de sous-combi spéléo. Je vous passe les odeurs de transpirations diffuses dans chacune des combis…

Notre progression est en mode touristique et photographique. J’ai en effet emmené mon petit appareil mais n’ait pas les projecteurs pour éclairer les gros volumes. Ce seront donc Jean-Chris et Marcel qui joueront le rôle d’éclairagiste en obéissant à mes instructions draconiennes :

« A droite, mais à droite je te dis… ah euh non l’autre droite ! »
«  Un peu plus en haut, mais non pas le plafond, la concrétion… »

Après le film dans la Dent, j’ai appris pas mal de choses sur la manière d’éclairer pour faire de belles photos. Nos éclairages (14leds) ne seront hélas pas assez puissants pour éclairer les grosses galeries mais j’arrive à faire quelques jolies photos tout de même sur l’écran de 3 cm sur 6 de l’appareil photo, malheureusement bien plus pixelisées sur grand écran.

Entre l’entrée naturelle et la partie touristique, nous observons les restes des fouilles archéologiques, les chauves souris, et la régularité de cette immense conduite forcée. L’assiette couverte de concrétions attira notre regard et sera sujet à de nombreuses photos. A l’échelle, j’assure mon père qui serait monté sans problèmes (mais histoire de ne pas avoir porté le matos pour rien !!). Ensuite c’est la partie touristique avec les gours, les concrétions, les coulées de calcite… Nos frontales ne valent pas les projecteurs mais c’est beau quand même.

Nous continuons les grosses galeries jusqu’à la désobstruction de Joly. On prend le temps de bien tout observer… et c’est vraiment magnifique. Le réseau 1 est en effet très concrétionné … et les galeries d’immenses boulevards !

Un petit tour à la très courte galerie des cons pour rassurer mon père : « si tu te perds, tu t’en aperçois vite ici », pis on continue le réseau 1 jusqu’à une bassine, un peu avant les premiers puits. Jean-Chris la passe en escalade sur le côté, moi en mi – escalade, mi-pied dans l’eau sur les stalagmites sans remplir les bottes. On évitera à mon père de remplir ses chaussures de rando gore-tex et on s’arrêtera donc là : c’est la pose midi : on mange.

Trois équipes de spéléo de l’exercice secours passent près de nous pour rejoindre le réseau Solvay Nous sourirons bien lorsque l’un d’entre eux fit tomber son sac dans la bassine (!!), qu’une demoiselle se mouilla un peu plus que prévu et proféra plusieurs jurons…

Nous rebroussons chemin pour aller faire un saut au début du réseau 4, plus « sauvage », en terrain plus accidenté que le réseau 1 et ce jusqu’à la salle du cyprès et le P8. Ici les galeries sont moins régulières et deux petits passages moins larges (type grosse chatière) nous permettront de montrer à Marcel que la spéléo, ce n’est pas forcément des galeries de 10m de haut sur 15m de large !! Hélas, nous arrivons très vite à la salle du cyprès et rebroussons chemin une fois de plus.

A mon tour de rire lorsque mon père ne reconnait pas le chemin et que JC joue le jeu de s’engager dans de petits trous.
Nous croisons un spéléo, qui posait le système Nicola, en marche pour le retour à la maison. Un peu avant la partie touristique, il nous indique un boyau étroit partant au ras du sol et menant parait-il à 20m à de très belles petites et fines concrétions.

Blague de spéléo ?
Devant la taille du boyau, je propose à Jean-Chris d’aller voir et à mon père de nous attendre 5 minutes. Jean-Chris s’engage devant et passe tant bien que mal une étroiture sévère pour les larges d’épaules. Je le suis mais prise d’un doute je l’attends (moi c’est le casque qui bloque) mais ça passe plus facilement tout de même. Plus loin cela semble encore bien étroit et j’entends JC pester et toujours pas de concrétions. Cela risque de durer plus longtemps que prévu, nous faisons demi-tour pour ne pas faire attendre trop longtemps mon paternel. Au retour, l’étroiture s’avère bien plus difficile… JC passera difficilement mais calmement  après s’être bien coincé l’épaule derrière une avancée de rocher et poussé toutes sortes de rugissement et bruits entrainant un mélange de stress et de gros fous rires pour moi qui l’attend. Le hic… c’est que les fous-rires sont communicatifs et quand vous êtes entre deux parois à plats ventres… ce n’est pas forcément le plus simple…
Une fois sorti, Jean-chris déclarera solennellement « Pff qu’est-ce que c’est étroit Saint Marcel ! »…

A la partie touristique, une petite séance de nettoyage de bottes et nous voilà de l’autre côté.

J’avais pour objectif d’aller faire un tour dans la galerie du lac que je ne connaissais pas. Nous y faisons un saut rapide et montons un toboggan très boueux d’une quinzaine de mètres pour accéder au début de la galerie. Redescendons un autre toboggan tout aussi boueux, passons un passage moins large et humide et arrivons au lac (en fait une grosse bassine entourée de monmilch boueux). Mais ça reste beau ! Bon soyons raisonnable, il est temps de sortir. Nous avons passé un peu plus de 6h sous terre. Pour une initiation, c’est bien !

Ce deuxième passage en Ardèche, m’a donné plus que jamais l’envie d’y retourner… Avis aux amateurs.