Date de la sortie : 16/10/10 – Villars de Lans (Vercors)
Participants : Eric, Elise, Cécile, Cyrille, Olivier
Temps Passé Sous Terre : [ Cécile, Cyrille, Olivier : 8h00]  — —  [Eric, Elise : 31h00]
Type de la sortie : Classique – Exploration
Rédacteur : Les mêmes

Eric propose, une quinzaine de jours auparavant, un bivouac aux Nuits Blanches. Elise se joint immédiatement à ce beau projet. Cécile, Olivier et moi-même proposons de les accompagner jusqu’à -310, au bas de la grande série de puits. L’objectif sera pour nous d’avoir un premier contact avec le Clot d’Aspres, et en particulier les Nuits Blanches, que nous n’avons jamais exploré, mais qui suscite depuis longtemps notre intérêt compte tenu de l’historique du club.

Nous quittons donc tous les 5 le parking des Glovettes aux alentours de 10h20, sous un ciel chargé, un brouillard de rigueur et une température solidement plantée aux alentours de 3 degrés. La marche d’approche est longue jusqu’au Clot d’Aspres, surtout avec une visibilité très limitée, mais on rigole pas mal. Deux voitures nous dépasseront dans notre montée. Mais malgré nos bonnes bouilles de spéléos motivés, aucune des deux ne daignera s’arrêter pour nous aider dans notre effort. Jugeant ce manque de civisme assez inacceptable, nous fomentons un plan aux allures de car jacking, destiné au prochain conducteur qui préfèrera nous doubler en nous regardant bêtement, plutôt que de nous soulager de notre fardeau. Mais cet hypothétique conducteur ne viendra jamais.De rage, nous nous rabattons sur le projet de voler une pelleteuse, mais nous n’arrivons pas non plus à nous emparer des clés… Et c’est donc à la seule force de nos petits mollets volontaires que nous atteindrons finalement l’entrée du trou à midi.

Nous profitons de 3 minutes (chrono !!!) d’éclaircie et de dissipation du brouillard pour admirer le paysage dans lequel nous nous trouvons. Le lapiaz est magnifique et la forêt alentour également. Puis la brume reprend ses droits et c’est dans une ambiance toujours bon enfant malgré la froidure que nous attaquons un repas bien mérité.

Il est 13h00 lorsque nous pénétrons dans le trou, belle ambiance. Un des premiers puits, très très étroit, nous donne un peu de fil à retordre. En revanche, il n’offre pas le fil qui permettra de recoudre les combis…
Chacun y va de son commentaire pour qualifier cet espèce de laminoir vertical, à commencer par Eric qui juge ce passage « agressif ». Cécile le qualifiera d’ « intime », et Elise lui attribuera un caractère « sensuel ». Toujours est-il que lorsque c’est à mon tour de parler, je me rends compte que tout le monde à utilisé les seuls épithètes que je connais….Alors, je conclue en disant que « ce passage n’est pas fait pour les personnes à forte corpulence », quel talent !!!

La descente se poursuit, avec au préalable un petit méandre bien sportif, puis une étroiture donnant sur un petit ressaut et qu’il faut passer la tête la première. La suite est une succession de puits superbes. Cavité Alpine qu’ils disaient dans le livre…On comprend de visu ce que signifie cette expression : beaucoup de verticales, propreté absolue et peu de concrétions. Eric, le seul d’entre nous à connaître vraiment la cavité, nous signale que le trou est plutôt sec en ce bel après-midi.

Nous arrivons en bas des puits aux alentours de 15h30 et nous faisons une petite pause. Eric et Elise partent assez vite dans le méandre qui les conduira au bivouac, à – 570. Nous les suivons pendant quelques minutes, puis nous rebroussons chemin. Le méandre devient bien humide, trop humide pour nous, spéléos en toile, qui préférons attaquer la remontée en restant secs.

Cette remontée commence à 16h15 et se déroule à un rythme plaisant. On ne va pas très vite, mais on enchaine jusqu’en haut, tout en profitant bien évidemment du spectacle grandiose de l’enchaînement des verticales et des passages aériens. Afin de faire mentir Eric, nous reprenons par moment les vocalises afin de tester encore la superbe acoustique du P200. En route, Cécile récupère son kit en attente depuis quelques années au milieu du P70.

Il est un peu moins de 21h00 lorsque nous sortons du trou. Le froid et le brouillard sont toujours là, bien campés, assis à la droite de la nuit qui préside le banquet. Mais il y a également une invitée surprise, là-bas en bout de table : la neige !!! Vue l’épaisseur qu’il y a au sol, on peut se demander si elle vient juste de finir l’apéro ou si elle en est déjà au dijo. Peut-être que finalement elle était juste entre fromage et dessert car elle nous accompagnera tout au long de notre retour à la civilisation. Bien que nos frontales n’éclairent pas à plus de 3 mètres devant nous à travers le brouillard, ce retour nocturne, neigeux, venteux et brumesque se déroulera sans problème. Il faut dire que la station de Villard nous a très gentiment balisé le chemin avec des pelleteuses et des tourets de câbles aux bifurcations. Nous arrivons finalement au parking vers 22h30 où un arrêt de bus improbable nous servira de refuge pour un déshabillage-rhabillage de circonstance, sous la houlette de la bière de sortie de trou.

Olivier propose d’aller se réchauffer quelque part…Les doutes sont grands sur la possibilité de trouver un bistrot ouvert à 23h00 entre Lans et Villard. On découvre finalement un bar à tendance américaine miraculeusement ouvert et qui nous accueille dans une ambiance feutrée, où Led Zep et un match de base-ball sur grand écran cohabitent à merveille.
Devant 3 chocolats chauds, nous avons alors une pensée pour Eric et Elise à -570, peut-être occupés à trouver le sommeil ou à faire fonctionner le réchaud à gaz…