Date de la sortie : 26 & 27/12/10 – Méaudre (Vercors)
Participants : Elise, Eric
Temps Passé Sous Terre : 30h00 dont 1 nuit
Type de la sortie : Exploration
Rédacteur : Elise

Pour digérer la dinde de Noël, rien de tel qu’un bivouac à Pâques Nord…
Tout commence par un coup de fil d’Eric ce dimanche matin pour dire qu’il aura un peu de retard, hum hum…il est 11 h quand enfin l’automobile 4×4 bringuebalante déboule en Vercors… Direction Méaudre où la bise souffle et donne une belle ambiance hivernale.

Raquettes aux pieds, nous rejoignons rapidement l’entrée des Saints de Glace. La bâche installée par Eric début décembre a bien joué son rôle de protection et seulement quelques brassées de neige pour libérer un pan de la bâche sont nécessaires. Sésame ouvre toi, nous nous glissons rapidement sous terre histoire d’oublier que nos doigts sont en train de prendre l’onglée. La porte en mousse est aussi très judicieuse et permet de bloquer le courant d’air. La glace forme un superbe toboggan quasi jusqu’au niveau des première cordes.

Ca y est la descente commence, recherche de corde, équipement, nous arrivons vite à Hydrokarst. La balade jusqu’au bivouac se poursuit sans soucis, guidé par Eric qui me cite les noms des passages. En 3 h, nous sommes au bivouac. Découverte des lieux, la grande suite de Gilles installée juste sous les 2 spits idéalement positionnés pour l’installation d’un hamac, le coin repas, avec sa dînette (louche à demeure !). Nous cassons une petite graine et repartons vers le bout de la galerie 4 du réseau chiffré.

Juste derrière le bivouac, c’est grand, c’est même volumineux, mais après la galerie change d’allure, et c’est là que les hostilités commencent, j’aurais du me méfier…Il s’agit en fait d’un « agréable » parcours remontant qui se passe les pieds devant, et aussi la tête, mais alors plutôt sur le dos, histoire de ne pas se tremper d’emblée, les volumes sont variés de l’étroit au jamais vraiment très large, mais bon tout ça n’est que ponctuel évidemment !
Bref de 4 pattes, en ramping, en s’énervant sur son kit coincé et en utilisant des muscles qu’on ne savait même pas qu’on en avait à cet endroit là, on arrive après 2 petites remontées sur corde au chantier, ouf ! Le courant d’air est bien présent, nous nous mettons au travail. Après quelques coups de masse, des travaux de maçonnerie (essai de barrage mais juste essai car complètement loupé), la suite s’offre à nous : nous sommes au bas d’une escalade de 6-8 m qui redonne sur un petit méandre étroit.

Eric s’élève pour voir de plus près, mais c’est moins prometteur que ce qu’on espérait… Après une petite réflexion, trois noix de cajou et un morceau de chocolat, nous décidons de plier et de rentrer au bivouac, il est minuit. Le retour est pénible mais quand même plus rapide que l’aller, normal nous profitons de la pente. Se méfier toutefois de la texair qui se transforme vite en bermuda du fait de la progression les pieds devant.

Soupe, quinoa, thé et dodo, perché dans son hamac pour Eric, normal pour un grimpeur, ou sur le plancher des vaches pour moi, normal j’aime bien l’herbe !

Le lendemain, l’agence de voyage avait parlé d’une visite sympathique dans le quai aux fleurs ou au planétarium, mais comme nous ne sommes pas des « quand même », nous choisissons l’option plus plus : la trémie de Pâques Nord !

Le cheminement est aisé jusqu’au bas de la trémie, où nous nous retrouvons à fouiner sous les blocs, normal c’est une trémie !
Eric part vers le bas pour trouver un espèce de laminoir qui pourrait être intéressant, moi je vais visiter le haut, tombe sur un chantier peu convaincant et voit au sol un départ.

On se retrouve, on discute et l’idée est de retrouver un ancien chantier d’Eric. Il s’avère que c’est le départ au sol vu plus haut et là c’est que du bonheur : une série d’étroitures étroites qui glissent presque toutes seules à l’aller…Derrière, une remontée sur corde, sans baudrier évidemment on avait tout enlevé pour être à l’aise, et nous y voila : une petite niche où c’est vrai un courant d’air est présent, il suffit d’enlever son gant et d’y mettre sa main…ça me laisse perplexe. Eric lui, fait des plans pour voir comment faire évoluer les choses…

On retourne à la case départ en passant par toutes les cases chances et en se demandant si c’est mieux de glisser un bras en avant ou deux ou de les laisser derrière et c’est le suivant qui ramassera tout !

Le retour se fait tranquillou.
On croise quelques bergères égarées ou serait-ce des moutons coincés devant les pas du loup, ben oui moi j’en ai bien vu 3, des pas du loup…(précision pour les non initiés, le pas du loup définit un passage où une graaaande enjambée est nécessaire).
Dans l’entrée, quelques stalagtites se sont formées depuis hier et nous les dégommons nonchalamment du casque,  « strike » !

A la voiture, Eric va remercier notre gardien du parking (la ferme en face de la crèche) qui nous donne la température du matin – 16°, c’est sur, on était bien dessous !

Et comme dit l’autre on est bien caramel en sortant mais bien content d’être venu tout de même.

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