Date de la sortie : 21-22 & 23/01/11 – Port Miou (Provence)
Participants : Baudouin + autres clubs
Temps Passé Sous Terre : surface et 5h00
Type de la sortie : 2 sorties scientifiques (Rik-Rak et Port Miou)
Rédacteur : Baudouin

Je pars vendredi 21 janvier pour le Rik-Rak (rencontre informelle des karstologues amoureux du karst) qui se tient cette année à Evenos Saint-Anne (13) et qui est organisé par Bruno Arfib (Université Aix-Marseille).

J’arrive sur place vers 18 h (le premier). Discussions avec les arrivants et couchage au gîte municipal d’Evenos (vue imprenable sur la mer à 10 km). Tout est verglacé, du jamais vu pour moi à Cassis.

Le samedi (-8°C) nous nous retrouvons dans une salle de la mairie d’Evenos Saint Anne pour des présentations. Il y a 25 personnes (dont : Philippe Audra, Jean-Yves Bigot, Christophe Gauchon, Stéphane Jaillet, Guilhem Maistre, Hubert Camus, Bruno Arfib et Adèle, Thomas Cavalera, Éric Gilli, Michel Wienin, Ludovic Mocochin, Michel Delamette, etc). Je remarque particulièrement les présentations sur la Nouvelle Guinée et la nouvelle Calédonie, faites par Hubert Camus, très à l’aise. Henri Paloc nous rend visite.

Nous partons sur le terrain et mangeons au soleil à Castellet, où un étudiant en thèse nous commente le magnifique paysage qui va jusqu’à la Sainte Baume. Puis nous allons voir un pigeonnier-glacière curieux. J’en profite pour perdre mon téléphone portable (qui ne me sert guère il est vrai). Le soir de nouveau, exposés (je parle de Port Miou) puis repas au restaurant.

Le dimanche, je pars assez tôt, car j’ai rendez-vous avec l’équipe de l’association Cassis, les Rivières Mystérieuses au parking de Port Miou. Il y a une forte équipe, une quinzaine dont 7 ou 8 plongeurs (Marc Douchet, Bolagno, Ivane Pairaud, Marc Renaut etc.) et Loïc Michel le pdg de Teledyne Europe avec son matériel sophistiqué (ADCP portable ou non, Cobra etc).

Arrivé au puits de 50 m la noria de sacs et de bouteilles commence à descendre. Pas de chance pour moi : mon sac, très léger comparé aux bouteilles, est mal accroché et descend le P 50 en chute libre. Je suis dans l’escalier de descente et entend le bruit affreux. Dans mon sac, il y avait mon appareil photo, le détecteur de CO2 du CDS Isère (1000 euros), un réchaud, un vase d’expansion pour ma manip au barrage (niveau à eau), des outils et de la nourriture.

Je descend en vitesse constater les dégâts. Les packs de boissons ont explosé et le jus de fruit inonde tout, le réchaud aussi a explosé et le gaz se répand dans les galeries. Je fais remonter rapidement le réchaud pour supprimer cette source de danger. J’examine les appareils. La boîte capitonnée du détecteur de CO2 a éclaté, mais le détecteur est intact. Coup d’oeil sur l’appareil photo bien collant du jus de fruit mais intact lui aussi.

Finalement, mon appareil photo est un miraculé (un vol aggravé au parc Mistral, un vol de 50 m à Port Miou). Je ne peux que recommander un tel appareil.

Après un nettoyage sommaire et vidange du jus de fruit dans l’eau de la source, j’installe mon vase d’expansion. Les plongeurs arrivent et se préparent.

Deux placent des poubelles sur les deux buses de 50 cm du barrage pour les obturer. Je note le niveau d’eau. Je devrais avoir une oscillation du plan d’eau dont la période est proportionnelle à la racine de la longueur (inconnue) du siphon (cf. expérience de Galilée en 1583). Si tout s’était bien passé, j’aurais pu obtenir la longueur de ce fameux siphon. Malheureusement, il fait beau et tous les propriétaires de bateaux quittent la calanque et faisant de grosses vagues que je retrouve même à l’amont du siphon. Ce bruit de fond est plus important que le signal. Échec donc.

On refait un peu plus tard la même manip en enlevant les poubelles, mais là encore, trop de bruit de fond.

Pendant ce temps, d’autres plongeurs vont récupérer un appareil ADCP (acoustic Doppler courant profiler) en place depuis un mois et après changement des piles vont le reporter dans la galerie 150 m en amont du siphon. D’autres testent le Cobra, l’appareil qui fait la topo automatiquement (il faut quand même un ordinateur pour vider les mémoires).

Vers 13 h, les 25 personnes du Rik-Rak viennent nous rendre visite. Grosse affluence à Port Miou. Heureusement un courant d’air froid descend le puits et ventile les lieux (0,3 % de CO2).

Fin des opérations (hissage des bouteilles) à 17 h et retour pour moi à Grenoble.
Bilan des deux journées : un téléphone perdu et un réchaud cassé : je m’en tire bien.
Pour ceux que cela intéresse, j’ai fais un rapport sur la manip d’obturation. Je peux leur envoyer.